"Ca sent le Nutella"

"Ca sent le Nutella"
I

On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon les bons soirs de juin !
L'air est parfois si boux, qu'on ferme les paupières ;
Le vent chargé de bruits, - la ville n'est pas loin, -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...

II

- Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague , on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête...

III

La coeur fou, Robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre d'un faux-col effrayant de son père...

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'aout.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire...!

- Ce soir là...- Vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-septs ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.

29 Septembre 70.
Arthur Rimbaud

# Posté le vendredi 08 juin 2007 13:24

Haha C'est con la vie.

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I'm crazy [about him] Like a Fool


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# Posté le lundi 04 juin 2007 15:50

Ju.

Ju.
Puisque cet article tu me l'as demandé, jvais essayer de faire quelque chose de potable...
Bon ce n'est pas la première fois que tu te retrouves dans mon blog. Tu y a été en tant qu'ami. Puis meilleur ami. Puis aujourd'hui re-ami simplement.
C'est dommage. Oui dommage. Que toi et moi on se soit tant éloigné. Pourtant, même si nos interêts divergent, nos amis également, jsais que malgré tout jpeux compter sur toi, ou encore te parler.
Tu sais, toi c'est la même chose. Jtoublie pas. Jtoublierai jamais. Après tout ce qu'on s'est dit. Je crois bien que pendant un moment tu me connaissais mieux que n'importe qui.
Et le temps passe. Fatalement. On se croise dans les couloirs. On se dit bonjour.
J'ose espérer qu'un jour on se retrouvera un peu. Ou du moins qu'on ne se perdra pas définitivement.

Sur ce, mon Ju, jte fais de gros bisous.

(L)

# Posté le samedi 02 juin 2007 14:50

(8) "Une page de culture musicale"

(8) "Une page de culture musicale"
Et si jvous dit qu'écouter Les 4 Saisons de Vilvaldi ça fait du bien ?

Photo : Sophie D.

# Posté le samedi 02 juin 2007 13:34

Moi ? sécher ? Naaaan

Moi ? sécher ? Naaaan
Décidément j'enchaine les après-midis fabuleuses moi...

Jvous z'Aime Fort Fort Fort
(L)

*

Elle s'appelait Lou.

Je m'en souviens comme si c'était hier. Il faisait beau ce jour là. Nous étions au début de l'été et la lumière dans ce parc était incroyable. Le soleil s'accrochait aux remous du lac scintillant et donnait au paysage des reflets verdoyants. Le silence régnait.
Douce harmonie.
Et elle était là. Seule. Au bord de l'eau. Les yeux rivés vers le ciel. Elle tenait dans sa main un papier froissé, et pressait sans arrêt ses petits doigts, comme pour vérifier qu'il était toujours là...
Je me suis approché, je ne sais pourquoi, et je l'ai regardé. Elle ne semblait pas m'avoir vu et continuer de fixer l'immensité qui semblait la captiver. Elle avait l'air jeune. Pourtant, elle était la plus belle personne que je n'avais jamais vu. Peut être était-ce son air à la fois plein d'innocence et de sagesse... ou bien ses yeux. Ses yeux immenses. Si bleus que l'on aurait pu croire qu'elle donnait au ciel toutes ses nuances d'azur. Et je me souviens que l'espace d'un instant, j'ai cru que si elle fermait les yeux, le ciel s'éteindrait...
Il y avait ses cheveux aussi. Bruns et ondulés, auquel s'agrippaient les rayons du soleil, comme pour la rendre plus lumineuse encore...
Oh oui, elle était belle. Je crois bien que j'aurai pu la regarder sans bruit durant des heures...
... Si elle ne s'était pas tourné.
Son regard s'est posé sur moi. Et j'ai senti en moi une impression étrange, un pincement au c½ur de la voir m'observer avec tant de douceur. Sans un mot elle m'a tendu la main, dans laquelle j'ai glissé la mienne délicatement. Nous nous sommes assis silencieusement et elle a à nouveau rivé ses yeux vers le ciel.
Inconsciemment je l'ai imité.
J'ai oublié, comme dans une grande parenthèse, la raison de ma présence ici. Les problèmes qui meurtrissaient mon c½ur et ma tête... Je sentais ses doigts tout chauds près des miens. Je me sentais bien. Rassuré. Rassuré par une petite fille d'à peine plus de 10 ans aux yeux plus profonds que l'océan. J'avais cette impression de l'avoir toujours attendue. Toujours cherché. Elle était un peu comme un baume pour mes maux. Ces maux soignés par son silence. J'ignorais tout d'elle. Elle semblait tout connaître de moi. Quand, plus tard, elle a tourné ses yeux, j'ai lu dans son regard toute la compassion qu'elle avait pour moi.
Le soleil s'est doucement couché derrière les collines. Je me suis levé silencieusement et lui ai dit au revoir. Elle n'a pas répondu. Elle m'a simplement regardé. J'ai commencé à prendre le chemin du retour, et lorsque je me suis retournée pour lui demander si elle ne rentrait pas chez elle, elle avait disparu.

Je suis revenu le lendemain matin. A l'aurore. Quand les premiers rayons se fraient un passage à travers les arbres.
Elle était déjà là. Je ne sais pourquoi, mais je m'en doutais un peu. Et la voir me donna aussitôt un semblant de sourire.
Je me suis assis près d'elle. Et lui ai donné le plus beau sourire dont j'étais capable en cette période difficile. Elle a plongé ses yeux dans les miens et me l'a rendu.
Sourires partagés. Douceur. Réconfort.
Au fil de la journée, elle a commencé à me parler. Peu d'abord. Puis de plus en plus. Elle me parlait des oiseaux qui s'envolaient. Du ciel éclatant et de la chaleur du soleil. Des gens qui passaient et des amoureux sur le banc. De la forme des nuages et de la couleur des fleurs...
Avec elle j'appris la beauté des choses. L'émotion de chaque instant. Elle me soufflait qu'il fallait tout aimer. Ne jamais se détourner devant l'avenir, et savoir malgré tout garder une part de bonheur dans ses mains, si frêles et blessées soient-elles.
Elle parlait de la vie. De la vie qui passe. Et du temps qui court.
Elle parlait de la vie. Mais ne parlait jamais d'elle.
Le jour d'après je l'ai encore retrouvé. Et le jour suivant. Et celui qui suivait...
Un beau matin, moi aussi je me suis mis à parlé. Parler. Parler. De moi. Égoïstement. De mes peurs, mes ennuis, mes angoisses, mes amours, mes joies, mes tristesses. En quelques heures je ne me suis pas arrêté. Et quand enfin j'ai cessé de parler, j'ai vu dans ses yeux qu'elle n'avait pas cessé une seconde de m'écouter. Elle ne paraissait pas m'avoir trouvé égoïste. Ni même ennuyeux. Au contraire elle semblait captivée.

Unique. Elle était unique.

"Tu crois en les anges ?" m'a t-elle un jour demandé.
Je me suis contenté de lui prendre la main et de lui répondre :
"Si les anges existent, j'imagine que tu es l'un d'entre eux..."
Elle m'a sourit.
Plus que jamais.

"Merci." Ai-je ajouté.
"Merci pour tout."

Ses yeux étincelaient.

Depuis ce jour je me sentais mieux. Comme si sans un mot elle m'avait définitivement apaisée. Mes problèmes semblaient s'être envolés et mon c½ur entièrement soigné.
Je suis donc venue, un matin, comme à mon habitude pour la retrouver.
Lorsque je suis arrivée, elle n'était pas là. Je l'ai attendu des heures durant. Inquiet. Nerveux. Désespéré.
Puis j'ai vu ce papier. Là, par terre. Froissé.
Je ne savais pas pourquoi, mais il me semblait m'être destiné. Je me suis baissé et l'ai ramassé. Hésitant un instant, j'e l'ai ouvert délicatement.

"A toi qui lira cette lettre,

Si tu l'as entre tes mains, c'est que j'ai remplis mon rôle.
Le temps est venu pour moi de retourner d'où je viens. Mais quelque part je serais toujours là, derrière chacun de tes pas. On a tous derrière nous ce quelqu'un qui veille sur nous.
Mais chut. C'est un secret.
N'oublie pas tout ce que j'ai pu t'apprendre ces derniers temps. Et si un jour plus rien ne va, reviens-ici, près de l'eau. Et lève les yeux vers le ciel. Tu sauras que je te regarde de là bas.

Tempus fugit. Carpe Diem.
Le temps passe. Cueille le jour.
Malgré tout.

Lou.
"


La nuit était tombée.
Il y avait dans l'air une douce odeur d'humidité mêlée aux parfums des plantes endormies. Je sentis soudain mon c½ur s'emplire de vide, mais quand je levai la tête, je me rendis compte que l'une des étoiles était bien plus belle que les autres. Plus chaude. Plus brillante.


« Tu me manqueras, petit ange... » soufflai-je à l'astre avant de me détourner.

Un vent d'espoir se mit à souffler.

Sophie D.

# Posté le vendredi 01 juin 2007 13:46

Modifié le samedi 02 juin 2007 05:46